Olivier Dyouville Bibliography De Mariama Ba

Mariama Bâ est née en 1929 au Sénégal. Elevée dans un milieu musulman traditionnel par ses grands-parents maternels, après la mort de sa mère, elle fut scolarisée à l'école française et entra à l'Ecole Normale de Rufisque en 1943 avec des résultats d'examens brillants. Elle y obtint son diplôme d'institutrice en 1947. Elle enseigna pendant douze ans puis, pour des raisons de santé, demanda son affectation à l'Inspection régionale de l'enseignement du Sénégal. Mère de 9 enfants, divorcée, elle fut l'épouse du député Obèye Diop. En 1980 le Prix Noma lui fut décerné pour son premier roman Une si longue lettre. Elle est morte en 1981, peu avant la parution de son second ouvrage. Un Lycée de Dakar, "la Maison d'éducation Mariama Bâ", porte aujourd'hui son nom.

Pour en savoir plus, consulter la biographie de Mariama Bâ proposée par sa fille Mame Coumba Ndiaye. Cet ouvrage publié à Dakar par les Nouvelles Editions Africaines du Sénégal en 2007 a pour titre "Mariama Bâ ou les allées d'un destin".

Ouvrages publiés


Une si longue lettre. Dakar: Les Nouvelles Editions Africaines, 1979. (131p.) ISBN: 2-7236-0430-6. Roman.







Aïssatou,
J'ai reçu ton mot. En guise de réponse, j'ouvre ce cahier, point d'appui dans mon désarroi: notre longue pratique m'a enseigné que la confidence noie la douleur.
Ton existence dans ma vie n'est point hasard.


A la mort de son mari, Ramatoulaye met à profit les 40 jours de deuil que lui impose la tradition pour faire le point sur sa vie et pour réfléchir aux problèmes auxquels la société qui l'entoure doit faire face: polygamie, castes, exploitation de la femme...

Un Chant écarlate. Dakar: Les Nouvelles Editions Africaines, 1981 (251p.). Roman.






Usine Niari Talli secouait sa torpeur nocturne, sous le soleil qui s'ébrouait. Les dernières ombres se dessoudaient, restituant aux choses formes et couleurs.
A cette heure du jour Ousmane ne dormait plus. Dans un délicieux engourdissement, les yeux mi-clos, il accordait, dans sa pensée, les bruits à des gestes précis...
Trass! trass! trass! le pas de Yaye Khady!
Trass! trass! trass! des pas résolument dirigés vers sa fenêtre...
Un coup, un autre coup, plusieurs coups suivis et chaque fois le diminutif de son prénom, "Oussou!", répétés impérieusement.


Ce roman retrace l'échec d'un jeune Sénégalais et d'une jeune Française dont le mariage se désagrège et souligne les difficultés auxquelles les mariages interraciaux se heurtent souvent: opposition familiale, faiblesse de caractère d'un des conjoints, choc culturel du conjoint qui quitte son pays...

Pour en savoir plus

Alioune Touré Dia. «Succès littéraire de Mariama Bâ pour son livre Une si longue lettre», Amina 84 (novembre 1979), pp.12-14. Interview. [Consulté le 16 février 2005].

Barbara Harrell-Bond. «Interview: Mariama Bâ», The African Book Publishing Record 6 3-4 (1980), pp. 209-214.

Pascale Barthélémy. "La formation des institutrices africaines en A.O.F. : pour une lecture historique du roman de Mariama Bâ, Une si longue lettre". CLIO No 6, 1997. [http://clio.revues.org/document381.html. Consulté le 14 novembre 2005].

Jean-Marie Volet. "Mariama Bâ ou les allées d'un destin" de Mame Coumba Ndiaye. Août 2009. Compte rendu.


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Editor (jeanmarie.volet@uwa.edu.au)
The University of Western Australia/French
Created: 25 December 1995
Modifed: 12 September 2009
Archived: 11 May 2013
http://aflit.arts.uwa.edu.au/BaMariama.html

Œuvres principales

  • Une si longue lettre
  • Le Chant écarlate

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Mariama Bâ, née le à Dakar, et morte dans la même ville le , est une femme de lettressénégalaise. Dans son œuvre, elle a critiqué les inégalités entre hommes et femmes à cause des traditions africaines.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est née à Dakar au Sénégal en 1929 dans une famille fortunée. Son père était fonctionnaire de l'État.

Après la mort prématurée de sa mère, elle est élevée par ses grands-parents dans un milieu musulman traditionnel[1]. Son père, Amadou Bâ, est devenu ministre de la Santé du premier gouvernement sénégalais en 1957[2].

Elle intègre une école française où elle se fait remarquer par ses excellents résultats. Après son certificat d'études primaires obtenu à 14 ans, elle entre en 1943 à l’École normale de Rufisque, qu’elle quitte munie d’un diplôme d’enseignement en 1947. Elle enseigne pendant douze ans puis demande sa mutation au sein de l’Inspection régionale de l’enseignement pour raison de santé[1].

De son premier mariage, avec Bassirou Ndiaye, elle a trois filles, et du second mariage avec Ablaye Ndiaye une fille SMK[Quoi ?] ; elle obtient le divorce de son troisième mari, le député et ministre Obèye Diop, avec qui elle a eu cinq enfants. À la suite de son expérience du mariage, Mariama Bâ s’engage pour nombre d’associations féminines en prônant l’éducation et les droits des femmes[1]. À cette fin, elle prononce des discours et publie des articles dans la presse locale.

En 1979, elle publie aux Nouvelles éditions africaines son premier roman, Une si longue lettre, dans lequel Ramatoulaye fait le point sur sa vie passée sous forme épistolaire à l'occasion de la mort de son mari. Ce livre manifeste l'ambition féministe africaine naissante face aux traditions sociales et religieuses. Dès sa sortie, le roman connaît un grand succès critique et public ; elle obtient le Prix Noma de publication en Afrique à la Foire du livre de Francfort en 1980[1]. En plus d'Une si longue lettre, elle promeut les droits des femmes, particulièrement des femmes mariées. Elle a fait des discours et elle a écrit des articles sur la vie des femmes, notamment sur celles dont la vie était défavorisée.

Elle meurt peu après d’un cancer, avant la parution de son deuxième roman, Un chant écarlate, qui raconte l'échec d'un mariage mixte entre un Sénégalais et une Française, du fait de l'égoïsme de l'époux et des différences culturelles[1].

Un lycée de Gorée (la Maison d’éducation Mariama Bâ) porte son nom.

Ses œuvres reflètent principalement les conditions sociales de son entourage immédiat et de l’Afrique en général, ainsi que les problèmes qui en résultent : polygamie, castes, exploitation des femmes pour le premier roman ; opposition de la famille, manque de capacité de s’adapter au nouveau milieu culturel face à des mariages interraciaux pour le deuxième.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Une si longue lettre, Abidjan, Nouvelles éditions africaines, 1979(ISBN 2-7236-0430-6) ; réédition, Paris, Le Serpent à plumes, coll. « Motif » no 137, 2001 (ISBN 2-84261-289-2)
  • Un chant écarlate, Abidjan, Nouvelles éditions africaines, 1981(ISBN 2-7236-0826-3)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ada Uzoamaka Azodo (dir.), Emerging perspectives on Mariama Bâ : postcolonialism, feminism, and postmodernism, Asmara, Trenton, NJ, Africa World Press, 2003, 483 p. (ISBN 978-1-592-21027-5)
  • (en) Faustine Boateng, At the Crossroads: Adolescence in the Novels of Mariama Bâ, Aminata Sow Fall, Ken Bugul and Khadi Fall, Howard University, septembre 1995
  • (en) Wanjiku Mukabi Kabira, A letter to Mariama Ba, University of Nairobi Press, Nairobi, 2005, 34 p. (ISBN 9966-84678-6)
  • Lilyan Kesteloot, « Mariama Bâ », in Anthologie négro-africaine. Histoire et textes de 1918 à nos jours, EDICEF, Vanves, 2001 (nouvelle éd.), p. 468-469
  • (en) Susan Stringer, « Cultural Conflict in the Novels of Two African Writers, Mariama Ba and Aminata Sow Fall », A Scholarly Journal on Black Women, 1988, supplément p. 36-41
  • (en) Dorothy Davis Wills, « Economic Violence in Postcolonial Senegal: Noisy Silence in Novels by Mariama Ba and Aminata Sow Fall », dans Violence, Silence and Anger: Women's Writing as Transgression, Charlottesville, University Press of Virginia, 1995, p. 158-71

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et eRomancières africaines de langue française, L'Harmattan, 1994.
  2. ↑Birago Diop, Sénégal du temps de -- : Mémoires africaines, Paris, L'Harmattan, coll. « Mémoires africaines » (no 4), (ISBN 978-2-858-02757-6), p. 37.

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